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LABOR mystérieux  

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(@qipiq)
Membre certifié Admin
Date d'inscription: Il y a 6 ans
Messages: 697
24/04/2018 5:37  

Il y a déjà un peu de temps j'avais signalé sur un autre forum que je possédais un cadre LABOR très différent de tous ceux vus jusqu'à maintenant, avec en plus le n° de fabrication 93 373 frappé à un emplacement (entre les haubans) qui ne correspond pas aux autres LABOR connus, qui de plus s'intègre mal, voire pas du tout dans la chronologie des LABOR recensés, mais je ne l'avais pas montré.

Hier un lecteur de cet autre forum m'a contacté pour m'informer qu'il possède un vélo LABOR avec le n° 93 371 frappé au même endroit. Aujourd'hui, près échange de photos, on peut dire que ce sont les mêmes cadres aux porte-pompe près. Il y a donc "du grain à moudre".

Mais avant, quelques mots non exhaustifs sur l'origine de LABOR, grâce aux recherches personnelles et de Didier Mahistre et aux archives de Claude Reynaud.

Maurice Rivet de Clèves est né à Bordeaux en 1872. En 1886 il étudie à Paris et prend possession de l’une des deux  premières bicyclettes RUDGE vendue en France, l'autre ayant été achetée par un artiste-peintre (Colombari ?). A 17 ans il devient voyageur pour la maison de cycles RUDGE. C’est un sportif accompli qui fut surtout un maître incontesté du tricycle. Il participa au Paris-Brest et retour de 1891 et devint ensuite l’agent Marseillais des cycles CLEMENT. Deux ans plus tard, il est voyageur chez DUNLOP. 

 En 1901, il s’associe avec Walter Searle pour créer la Société Searle & De Clèves, 198, boulevard Pereire à Paris pour des accessoires et des cycles sous la marque LABOR qui adopte le pas de 12, 7 (BSA) pour les pignons et chaînes et introduit en France les équipements "à l'Anglaise". En 1902, la société est transférée à Neuilly-sur-Seine, les plaques de marque conservent l’inscription «Paris». La marque STANDA est ajoutée. En 1903 un architecte du cabinet de Gustave Eiffel prend un  brevet (ou dépose le modéle ?) pour un cadre-pont. Cette géométrie était déjà commercialisée aux USA par IVER & JOHNSON.

En 1905, Maurice de Clèves et M. Chevalier fondent la société de Clèves et Chevalier. En avril, la marques TENAX est ajoutée et la maison est au 23, avenue du Roule, toujours à Neuilly-sur-Seine.

En 1906, apparaissent les cycles LABOR à cadre «pont» LABOR qui vont faire la renommée de la marque. Alors «la reine des bicyclettes est la Labor équipée à l’Anglaise».

Le 25 juin 1908, Maurice De Clèves voit publier son brevet n° 392.163 pour une bicyclette mono-bras à l'avant et à l'arrière qui permet de remplacemer les chambres à air ou des pneumatiques sans démonter les roues. 

Jusque et y compris sur le catalogue de 1909 la plaque de marque est  

1ère

mais une nouvelle plaque apparaît sur la couverture  

IMG 20180424 0002

  il est donc probable qu'elle apparaît sur les bicyclette cette année-là et le slogan deviendra «LABOR la marque qui mène le train».

Voici ce qu'on en dit en 1908 

IMG 20180424 0003

 Jusque là les vélos LABOR ont des cadres brasés, d'abord avec des raccords apparents et le n° de fabrication frappé sur le côté gauche du raccord de selle et ensuite à raccords invisibles et le n° tout en haut du tube de selle.


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(@benoit-k)
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Date d'inscription: Il y a 10 ans
Messages: 774
24/04/2018 7:21  

qipiq, pourrais-tu m'expliquer, si cette architecture du cadre "pont" est propre à LABOR, si oui qu'apporte t'elle sur le plan dynamique ? ou est-ce uniquement un élément esthétique ?


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(@qipiq)
Membre certifié Admin
Date d'inscription: Il y a 6 ans
Messages: 697
24/04/2018 8:09  

Benoit, j'allais reprendre la suite.

Cette architecture de cadre a été utilisée, avec des variantes plus ou moins importantes de la courbure du renfort, par de très nombreuses marques. Il semblerait même qu'il y ait eu des kits pour transformer des cadres "normaux".

La rigidité est toujours l'argument avancé.

C'est certain que la marque Américaine IVER JOHNSON commercialise un "truss-bridge" en 1902 et qu'en 1903 elle montre un viaduc assorti au cadre (à moins que ce ne soit l'inverse) sans qu'un train ne figure, sur des documents mais pas sur les plaques de marque.

 


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(@qipiq)
Membre certifié Admin
Date d'inscription: Il y a 6 ans
Messages: 697
24/04/2018 8:40  

La plaque avec le viaduc est d'abord rivetée horizontalement sur des cadres brasés et numérotation LABOR et passe plus tard à un rivetage vertical  sur des cadres soudés à l'autogène, avec serrage de selle classique et numérotation Gentil & Cie sous la boîte de pédalier.

Ces deux cadres "mystérieux" ne sont pas renforcés. 

Voici d'abord les photos du 93 371 que son propriétaire m'autorise à montrer ici :

93 371

 

93 371 (5)

93 371 (1)

93 371 (2)

93 371 (3)

93 371 (4)

  C'est donc un cadre soudé à l'autogène avec les bases et les haubans rectilignes, sans serrage de selle (qui est donc avec un expandeur) et le n° frappé à l'arrière du tube de selle entre les haubans.

Mon cadre n° 93 373 est identique sauf qu'il porte deux supports de pompe dont un cassé :

93 373 (1)

93 373 (2)

93 373 (3)

93 373 (4)

93 373 (5)

L'écartement des haubans et des bases ne permet pas de passer de gros pneus. Ce sont certainement des cadres de course ou pour le moins de sport. A la fourche il y a un peu plus de marge.

Je ne connais pas d'autre LABOR ainsi fait.

 

Le plus fort n° que j'ai recensé pour les LABOR à cadres brasés est le  43 378. Il a encore la première plaque.

Les LABOR 285 484 et 287 792 ont été facturés à un détaillant en 1920.

 

La deuxième plaque, rivetée horizontalement va au moins jusqu'au n° 311 458, en fin de 1921.

Ensuite la troisième plaque est identique mais avec le rivetage vertical.


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(@qipiq)
Membre certifié Admin
Date d'inscription: Il y a 6 ans
Messages: 697
25/04/2018 10:42  

Afin de pouvoir souder à l'autogène tous les cadres des diverse marques de son groupe, Edmond Gentil achète THOMANN le 22 février 1911 et procède à la dissolution de la société  le 30 novembre. Il achète aussi en 1911, LABOR qui était en difficulté et dissout la société l'année suivante.  THOMANN et LABOR deviennent alors des marques de la Société Gentil & Cie.

Ces deux cadres sont indiscutablement fabriqués selon les procédés de THOMANN, mais il me semblent que les n° sont trop élevés pour être de la numérotation Thomann & Cie, à qui LABOR aurait pu passer une commande. Je les crois aussi trop élevés pour être de la numérotation LABOR avant l'achat par Gentil & Cie.

Est-ce que dès l'achat de Thomann & Cie, ou un peu après, Gentil & Cie aurait fabriqué des cadres de différentes formes (avant de s'arrêter à une forme définitive qu'on connaît bien) et en aurait vendus certains (ou tous) sous la marque LABOR nouvellement acquise ?

 


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(@david-cunier)
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Date d'inscription: Il y a 6 ans
Messages: 199
26/04/2018 6:48  

je suis tout a fait d'accord avec tes propos mais avant tout,mais un des + grande marque d'Edmond Gentil fut Alcyon.

la marque Alcyon vantait la soudure autogène pour la solidité.

je profite de ce post qui dérive pour ma part sur les sociétés d'Edmond Gentil:

c'est Edmond Gentil qui conseilla et fabriqua les 1er cadres pour la société Solex ( un des 2 patrons était grand ami de Mr Gentil) ,c'est pour cela qui si vous avez l'occasion de décaper un cadre col de cygne velosolex,vous verrez les fameuses soudures a l’autogène!

les cadres col de cygnes pour solex était numérotés au niveau de  patte de fixation de la roue arrière,ces cadres étant été fabriqué chez Alcyon,je rêve de trouver un jour une trace dans les archives...

cadre1943 (1)


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(@qipiq)
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Date d'inscription: Il y a 6 ans
Messages: 697
26/04/2018 8:13  

On est bien d'accord, ALCYON est la marque principale de Gentil & Cie, d'ailleurs il disait toujours Alcyon quand il parlait pour toute la Société, et jamais Gentil & Cie. Les coureurs étaient recrutés et salariés par la société et il les faisait courir sur l'une ou l'autre des marques selon les courses. Il y a des photos avec des coureurs qui n'utilisent pas un vélo de la même marque que le maillot. Dans le décompte des victoires au Tour de France, celles de toutes les marques de la société sont incluses sous le nom ALCYON.


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